2022-09-07
Travailler à un écosystème avec plus de projets d’impact 

Travailler à un écosystème avec plus de projets d’impact 

par Startup Montréal
7 septembre 2022

Comment intégrer une démarche d’impact à sa startup ? C’est ce qui a alimenté notre conversation avec deux entrepreneurs lors du dernier Mercredi Startup.

 

Ce mois-ci, nous avons organisé cette édition de nos Mercredis Startup en partenariat avec Polytechnique Montréal avec l’idée de discuter d’impact économique, environnemental et social avec deux entrepreneurs qui proposent des solutions intégrant une démarche d’impact assumée. C’est donc en compagnie d’Halimatou Diallo, cofondatrice de NEXFID, de Xavier Kasim, cofondateur chez Viridios que nous avons épluché plusieurs questions autour de cette thématique.  

NEXFID est une startup en technologies propres qui élève des insectes et revalorise la matière organique dans le but de produire des acides gras et des protéines de haute qualité destinées à l’alimentation animale. Cette solution innovante vient contrer les problèmes de durabilité et d’approvisionnement qui touchent la farine de poisson et le soja, utilisés largement dans l’alimentation animale. 

Viridios est une autre entreprise en technologies propres qui vient résoudre un problème d’approvisionnement, mais cette fois dans le domaine médical. Cette startup s’est inspirée du génie de la nature pour développer un bioprocédé qui permet d’accélérer la production d’ingrédients médicinaux actifs provenant de plantes. 

 

Engendrer des impacts positifs avec une nouvelle technologie, ça veut dire quoi ?

​Anciennement, beaucoup d’entrepreneurs avaient comme seule idée de répondre à un besoin, sans trop se soucier des problèmes engendrés par le projet d’affaires proposé. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus conscients du rôle que nous avons envers les impacts qui accompagnent une activité économique. La responsabilité sociale et environnementale fait de plus en plus partie intégrante des projets d’affaires que l’on développe dorénavant. Nous le faisons pour freiner les problématiques déjà trop présentes tels que les changements climatiques et les pénuries diverses qui nous frappent de plus en plus dans différents secteurs.

 

Est-ce que cette vision est déjà omniprésente sur le terrain ?

Et sur le terrain, comment cela se concrétise% L’impact fait partie de la vision des entrepreneurs de la génération actuelle. Toutefois, on ne voit malheureusement pas encore assez d’actions concrètes en ce sens sur le terrain. Dans le milieu agricole, par exemple, 100 % des agriculteurs disent vouloir utiliser des moyens plus durables dans leur production, mais seulement 10 % d’entre eux le font réellement.

Dans les faits, les gens ne trouvent pas toujours de solutions alternatives face aux enjeux sociaux ou environnementaux. Certains n’ont pas les ressources ou les connaissances nécessaires pour s’attaquer à la source des problèmes.

En entrepreneuriat, il est aussi difficile de se défaire du cadre rigide qui place toujours la profitabilité et la rentabilité à l’avant-plan. Les solutions ne dérogent ainsi pas de l’axe pécuniaire, ce qui fait en sorte qu’il est plus difficile d’en trouver sur le long terme.

 

Quand on parle d’impact en contexte de startup, à quoi réfère-t-on et comment est-il possible de le démontrer ?

L’impact en entreprise se définit à partir de trois piliers : économique, environnemental et social. Il est actuellement difficile d’utiliser des données chiffrées précises afin de témoigner des impacts dans les sphères autres qu’économiques. Plusieurs acteurs du milieu travaillent actuellement à trouver des moyens efficaces de témoigner de l’impact, de le mesurer mais ce n’est pas clair pour tout le monde. À l’heure où l’on se parle, ça demeure assez coûteux d’embarquer dans une telle approche pour une startup. Ainsi, plusieurs d’entre elles gardent cette considération en tête, mais ne s’y penchent pas directement.

Soulignons toutefois que le milieu universitaire peut être une avenue à explorer pour obtenir ce type d’analyse par des étudiants qui le font gratuitement dans le cadre d’un cours. C’est grâce à l’UQAM qu’Halimatou a pu mieux connaître le cycle de vie de son produit chez NEXFID. 

 

Comment outiller les startups à aller plus loin dans la mesure d’impact ?

De la formation, de la sensibilisation et des ateliers pour apprendre à présenter les projets d’affaires des entrepreneurs en incluant déjà certaines mesures d’impact permettraient à tous les acteurs de l’écosystème de se donner de nouveaux paramètres au moment d’évaluer les solutions développées pour le futur. Il faut travailler en collaboration afin de générer de vrais changements de paradigmes.

Lorsqu’il est question de propriété intellectuelle, on peut aussi partager au lieu de protéger. Un vieux cadre qui dictait aux entrepreneurs de garder leurs savoirs pour eux afin de maximiser les profits associés à une technologie, mais considérant la vitesse à laquelle nous devons résoudre de plus en plus de problèmes, il serait souhaitable qu’il y ait plus de mise en commun. Cela aiderait à faire tomber de vieux paradigmes protectionnistes. Cela permettrait de s’ouvrir davantage à des approches axées sur l’entraide et la collaboration. Nous devons tous mettre la main à la pâte si nous souhaitons développer une concurrence plus saine et respectueuse qui contribue à maximiser l’impact de tous.

Les conseils que nos entrepreneurs souhaitent, plus que tout, partager avec leurs pairs, c’est de foncer pour développer de plus en plus de projets et de solution à impact, et ce, même si la notion de profitabilité n’est pas claire dès le départ. Lorsque les valeurs qui motivent le développement d’une nouvelle technologie sont solides et la vision claire, il y aura toujours des alliés sur qui les entrepreneurs pourront s’appuyer.

En terminant, ne manquez pas, le 14 septembre prochain, l’édition de nos Mercredis Startup qui portera sur le thème de la recherche et de l’entrepreneuriat en collaboration avec Esplanade Québec. Et restez à l’affut de la deuxième édition de la Semaine de l’impact qui aura lieu un peu plus tard cet automne.